« Charlotte Waligora est historienne et elle se pose la question légitime de ce qui sera transmis aux générations suivantes. Elle se tourne vers les autres historiens, en l'occurrence Philippe Dagen son aîné, qu'elle choisit sans doute car, observateur de la scène française depuis une trentaine d'années dans Le Monde, c'est son rayon. Son attitude est pertinente, sa question est urgente tant est profond le malaise dans ce pays, tant sont opaques les arrangements entre l'Etat et les "prescripteurs d'art" comme on dit, et tant la com l'emporte sur l'examen critique. Qu'en dit l'historien? Le chercheur? L'enseignant? La réponse tient en trois mots lâchés du haut de l'Olympe : tragi-comédie, ressentiment et ratage. Mais je rêve! C'était pareil en 1997, après 1991, il y a presque vingt ans pour que soit laissée à l'Etat la gestion de l'art vivant (au passage dites-moi où est la différence avec les pays totalitaires?). On se souvient, Jean-Philippe Domecq avait dans "le pari littéraire" (éd. Esprit 1994) montré les techniques d'intimidation pour dissuader, que dis-je, étouffer toute voix dissidente. En vain! Vingt années ont passé sans que frémisse la moindre contestation. Le silence de mort d'un côté, la promotion de l'autre ont été les deux mamelles de la politique culturelle "que le monde nous envie". La France a continué de se mettre à la remorque des USA comme un toutou derrière le maître. Mauvais maître, mauvais choix. Et il ne faudrait pas s'en mêler? Mais c'est la démission de la critique d'art qui a permis aux marchands d'opérer sans retenue! La critique n'était pas obligée d'applaudir le pop art, son cynisme et celui de ses successeurs! On en paye le prix aujourd'hui avec l'effondrement de "l'art financier". A qui la faute puisque la voie était libre? Que Philippe Dagen n'ait "assurément aucun goût de se mêler de l'affaire" n'est pas étonnant, mais hélas fâcheux pour lui. Charlotte Waligora accuse et elle a raison. Elle fait tout simplement son métier. Quelle belle surprise dans la fumée légère de sa cigarette! Mettra-t-elle le feu à la forteresse? Et nous sortir du silence? »
* dans la revue Vernissage de février-mars 2009.
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1 Commentaires:
Je dédie ce texte à mon maître de thèse François Robichon et à Edouard Detaille. A Jean Philippe Domecq, qui n'a jamais failli. Et bien sûr, à Philippe Muray.
Bien cordialement
Charlotte Waligora
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