4 nov. 2008

Lorsque les événements vous échappent…

par Michel De Caso.
« Lorsque les événements vous échappent, feignez de les avoir organisés. Cette formule subtile (*) pourrait fort bien s’appliquer à une nouvelle attitude qui se répand comme une tache d’huile : la critique de l’art contemporain financier, provocateur et vide de sens.
Il semble en effet que la critique de cet art contemporain outrancier devienne consensuelle. Nombreux sont désormais ceux qui s’engouffrent dans cette critique, oubliant sans vergogne que celle-ci a été menée par d’autres depuis longtemps, souvent pour des raisons comparables puisque le malaise dans le système de l’art contemporain n’est pas né avec la crise actuelle du capitalisme mondial !
Bien sûr, le processus opportuniste qui est en jeu ici est connu : il s’agit de tirer parti des circonstances, quitte à renier ce que l’on défendait jusqu’alors, le but étant de maintenir des prérogatives.
Mais soyons constructifs et ne restons pas sur le plan de la critique. Pensons aux propositions laissées sciemment dans les poubelles de l’histoire artistique contemporaine. Loin de nous l’idée de dresser des listes mais, à l’adresse des laissés pour compte, voici une formule de Cocteau qui leur est spécialement dédiée : " Moins une œuvre est comprise, moins vite elle ouvre ses pétales et moins vite elle se fane. " Que ce qui doit se passer se passe donc … »

(*) tirée de celle de Jean Cocteau : « Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur.»

3 commentaires:

grabotte a dit…

Soyons constructifs cela veut dire quoi? Changer de décor en gardant à peu près les mêmes acteurs - on dira qu'il s'agit d'une redistribution des cartes - ou changer les acteurs et le décor - ce qui serait alors reconsidérer les cartes du jeu? Cessons de tourner autour du pot : la tutelle de l'Etat sur la création en France est une catastrophe. C'est le sujet number one. Et si, profitant de la crise qui touche l'AC, on mettait ce sujet au centre du débat ? La critique d'une bureaucratie de l'art doit être radicale et définitive car elle enfante des monstres. N'est-ce pas cela être constructif? Donc n'écoutons pas ceux qui , hier, reprochaient aux sceptiques et aux critiques de n'être pas au diapason de leur aveuglement ( Le journal Le Monde par ex), ils vous donneront en effet des leçons de bonne conduite aujourd'hui alors qu'ils sont les responsables de la débâcle. Répétons, répétons cela pour les sortir!

Philippe Rillon a dit…

Il est toujours interressant de regarder tournerles girouettes car elles indiquent le sens du vent.
La Peau de l'Ours et son blog commentent la crise de l'AC (ouverte par la crise de son marché...elle même produit des développements récents de la crise financière qui précipite la récession économique...).

Oui, tout celà confirme ce qui a été dit ici et là. Mais il faut montrer aussi comment cette crise ouvre des opportunités pour faire entendre nos demandes: retour à la diversité dans les choix institutionnels, mesures de défiscalisation pour les achats par les particuliers d'oeuvres d'artistes vivant en France, etc... La Convention Européenne prévue à Beaubourg par la MDA peut être un moment de la mobilisation pour tout celà.

Bien cordialement.
Philippe Rillon

michel de caso a dit…

Oui, les choses ne pourront évoluer que si le contexte est favorable (cela nous échappe) et si, en même temps, nous sommes capables de construire (cela dépend de nous). Il semble que nous soyons dans cette configuration.