18 févr. 2013

«Je leur ai jeté le porte-bouteilles et l'urinoir à la tête comme une provocation et voilà qu'ils en admirent la beauté»*

Lire l’entretien de Christine Sourgins donné à Valérie Duponchelle à propos de Marcel Duchamp dans Le Figaro du 15 février 2013, page 28.
Extraits :
« … Dès 1962, Duchamp s'indignait de la récupération dont il était l'objet: "Je leur ai jeté le porte-bouteilles et l'urinoir à la tête comme une provocation et voilà qu'ils en admirent la beauté.", lit-on dans sa Lettre à Hans Richter en novembre 1962. Duchamp trouva "emmerdatoire" une manifestation de BMPT (nom du groupe formé par Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni entre 1966 et 1967, NDLR), aux Arts déco en 1967: ces jeunes se prenaient trop au sérieux à son goût… »

* Marcel Duchamp

14 févr. 2013

Bibliographie chronologique de Laurent Danchin, MAJ 2013.

Un document exceptionnel :
la bibliographie chronologique établie par Laurent Danchin, mise à jour 2013.
Pour mieux comprendre le débat français sur l'art contemporain.
Cliquez ici pour accéder au fichier PDF.

13 sept. 2012

Un signe des temps : le chaos symbolique.

par Michel De Caso



Il faut lire le livre d’Aude de Kerros, "Sacré art contemporain" (Ed. Jean-Cyrille Godefroy, 2012) pour saisir les multiples facettes du jeu machiavélique exercé par les théoriciens de l’AC(1). Outre des informations de premier ordre, souvent ignorées de ceux qui sont exclus des réseaux de l’AC, De Kerros se livre à un incontournable décryptage des tenants et aboutissants de l’idéologie en question. Car c’est bien d’idéologie dont il s’agit, avec ses interdits, ses sous-entendus, ses préférences, ses connivences et ses intérêts. Le livre montre notamment la connivence qui existe désormais entre les membres éminents du clergé catholique et les fonctionnaires représentant l’AC, dont l’exemple du Collège des Bernardins à Paris se veut la figure de proue.

Si certains encore doutaient des intentions de l’AC, ce livre devrait leur permettre de saisir pourquoi les protagonistes de l’AC et leurs suiveurs en sont arrivés à cette haine du métier et de la forme. Le lecteur perspicace saisira comment l’AC revendique le partage narcissique de la nullité et de l’abject. Comment dans son obsession de ne pas plaire et de questionner par le détournement systématique, il façonne des générations d’intellectuels post-modernes qui s’honorent de revendiquer tout et son contraire. Finalement, leurs discours est à la hauteur de la schizophrénie de notre monde. Depuis des décennies, nous aurons entendu tous les justificatifs pour mettre à bas l’opérativité de l’art. Les raisons de la haine de l’art ont tour à tour été révolutionnaires, sociales, plastiques, psychanalytiques… Elles sont aujourd’hui religieuses. Pour certains, le rêve s’est réalisé : la transcendance horizontale s’est enfin substituée à la verticale. Le chaos symbolique peut s’installer.

Hé bien oui, l’art est mort en ce sens qu’il n’est plus utile au monde contemporain. Dit d’une autre façon, il est clair qu’une société a l’art qu’elle génère. L’AC est donc effectivement le révélateur de notre monde et, dans ce monde qui est tel qu’il est, ce sont les financiers qui s’en sortent le mieux. Au citoyen, on lui demande d’aller voir les expos d’AC et s’il n’y va pas, c’est l’AC qui vient à lui. La seule initiative qu’on lui laisse, c’est la possibilité de diriger ses illusions dans un bulletin de vote périodique…. Pour le reste : nihil novi sub sole (2). D’une certaine façon, et sans que cela soit une adhésion au dadaïsme - loin s’en faut-, les dadaïstes sont au pouvoir mais la différence entre les dadaïstes historiques et ceux d’aujourd’hui, c’est que les premiers n’étaient pas au pouvoir, et ce détail change tout ! Alors, souvenons-nous de la réflexion du grand Tarkovski :« La culture de masse nous empêche de nous tourner vers les questions fondamentales de l'existence et de nous assumer en tant qu'êtres spirituels. »

Terminons tout de même par une note d’espoir exprimée par De Kerros, l’Espérance n'étant pas l’une des trois vertus théologales de la voie chrétienne ? « Pourtant cette pratique de l’Art, non duchampienne qui recherche l’accomplissement de la forme pour délivrer le sens, existe aujourd’hui et existera aussi longtemps que l’humanité elle-même. Elle procède du circuit qui s’établit naturellement entre le cerveau, l’œil et la main de l’homme dont l’exigence est de créer. » (3)

 

(1) Acronyme désignant Art Contemporain et correspondant non pas à l’art d’aujourd’hui mais à une mentalité née dans les années 1914-17 avec les premiers ready-made de Duchamp. Il s’agit d’un non-art essentiellement conceptuel qui, entre autres, rejette toute approche sensible et formelle. C’est précisément ce type de non-art dont raffolent nos élites intellectuelles.

(2) Rien de nouveau sous le soleil.

(3) "Sacré art contemporain", page 115.

25 janv. 2012

« Coup de torchon à la Tate Britain »*

« D’après le "Sunday Times" du 15 janvier 2012, trois experts des Maîtres historiques, dont un de renommée internationale, viennent de claquer la porte de la "Tate Britain" qui regroupe les collections d'art britannique, de la Renaissance à aujourd’hui. Le musée étant dirigé par Penelope Curtis dont les vues "modernistes" sont connues, désormais tous les postes importants sont occupés par les tenants de l’art très contemporain à l’assaut du patrimoine. Un éminent universitaire, qui a demandé l’anonymat, (c’est dire si la liberté démocratique règne dès qu’il s’agit d’AC !) constate que désormais le patrimoine historique est considéré comme mineur : "La Tate manque à son obligation statutaire de gardien de la meilleure collection historique de l’art britannique au monde. On ne peut plus enseigner l’art britannique à partir de ce qu’il y a sur les cimaises." conclut-il. Car une partie  des collections est désormais reléguée aux réserves, à part les Turner. (Turner est intouchable, car produit d’appel de l’industrie touristique). A la place des chefs-d’œuvres de Stubbs, de Hogarth ou autres, on trouve l’œuvre de Cerith Wyn Evans, soit un candélabre à la flamme vacillante, accompagné d’une bande-son qui répète en boucle "Ouais" ; le tout occupe une salle entière. Voilà comment désormais la "Tate Britain" éclaire le monde de la culture…/… »

* Extrait du "Grain de sel" du 24-1-12 de Christine Sourgins

12 janv. 2012

« Style de vie »*

« … De façon générale, nous nous sentons menacés par toutes sortes de dangers, complaisamment rappelés et mis en exergue dans la plupart des discours politiques, lesquels ont cessé depuis longtemps les lendemains qui chantent ou le Grand Soir. Rien d’apocalyptique pourtant, sauf à considérer que la fin de l’euro - l’Eurogeddon, disent les banquiers américains - pourrait en faire office, ce qui serait une preuve de plus de l’incroyable manque d’imagination d’une époque dont les nouveaux prophètes sont les économistes en chef des grandes banques internationales. Aucune menace de guerre à l’horizon, en tout cas pour nos contrées européennes. Nulle famine en vue. Pour le dire en d’autres termes : ce n’est pas notre survie qui est menacée, mais tout simplement notre style de vie. Un style de vie ou la "création de la valeur" (financière) a remplacé l’idée de valeur tout court, et où la croissance économique est devenue la mesure de toute chose. Entretenir l’angoisse en multipliant les objets d’inquiétude (dette, euro, sécurité, immigration…) est une manière pour le Pouvoir de couper court à tout débat de fond sur cette question fondamentale du style de vie, et par exemple sur ce que pourrait signifier aujourd’hui l’idée de bien commun en dehors d’une note AAA décernée par Standard & Poor’s. Si l’année 2012 doit donc être décisive pour notre pays (et un peu au-delà), souhaitons qu’elle le soit d’abord dans ce renouvellement radical des termes du débat public… »

* Extrait de l’éditorial de Jérôme Anciberro, "Style de vie", revue "Témoignage Chrétien" n°3474, 5-1-2012, page 3.

25 nov. 2011

Le marché financier de l’art est à la FIAC – Et les autres marchés ?


par Aude de Kerros
A partir du milieu des années 90 le marché de l’art de la création actuelle c’est fracturé. Deux types de marchés sont alors apparus : l’un purement financier et l’autre fantomatique en raison de son absence de visibilité. 
Le « monopsone caché »
« Le règne des réseaux : Un seul type de marché règne sur l’international celui de « l’art contemporain » dont la caractéristique est le fonctionnement en réseau, en cercle  fermé, sécurisant la valeur. Les œuvres aux formats géants, principalement conceptuels, réservés aux hyper riches, atteignent des prix pharamineux. Le délit d’initiés et la pratique du trust est le moteur de la valeur.  Toute la chaine des producteurs de la consécration monétaire y sont présents: Le collectionneur dominant, également propriétaire d’une Fondation, d’une maison de vente, de galeries, de médias ou de sociétés acheteuses d’espaces publicitaires, est entouré de ses amis collectionneurs cooptés et prêts à entrer dans le jeu de la spéculation. Il entretient les meilleures relations du monde avec l’Etat qui légitime ses choix en les exposant dans les lieux du pouvoir et du grand patrimoine.  Ce marché truqué  accapare par son  spectacle  toute la visibilité et les circuits d’argent, rejetant dans l’ombre les  marchés ouverts. La limite du « Financial art » est cependant la survie de son réseau.
Le marché des « émergeants » : Un marché plus ouvert  sous-tend cependant ce système fermé: Le marché dit des artistes « émergeants » soutenu par un premier réseau composé d’écoles d’art, de galeries et d’institutions. A New York, les candidats à la cooptation par les réseaux « financiers » ont 4 ans  pour y entrer.  S’ils échouent mieux vaut changer d’activité !

Les  marchés fantômes
« Le Marché aux Puces » : Cette appellation peu  valorisante est due à la grande quantité d’œuvres hétéroclites proposées sur ce marché anarchique, dispersé, divers, multiforme.  Le bon et le pire sont au même niveau. Il n’y a pas de filiaires de reconnaissance. Les prix sont modestes, les amateurs cherchent le coup de cœur, c’est un vrai marché mais l’absence d’évaluation cultivée a pour conséquence un effondrement progressif de la valeur intrinsèque de l’art proposé à la vente.
Les petits marchés : Dans des lieux confidentiels, connus d’amateurs raffinés et cultivés, mais souvent aux moyens limités, des œuvres telles que la gravure, ou même la sculpture, bénéficiant d’un tirage limité, sont achetées et collectionnées par un public de connaisseurs. Il y a des trésors sur ces marchés.
Quelques galeries de bon niveau existent. Elles pratiquant le soutien de courants divers et importants quoiqu’invisibles médiatiquement.  Elles tâchent de trouver les meilleurs artistes et de les défendre sur le long parcours que suppose une véritable création. Il en est d’anciennes dans le métier, les plus connues ont été mises à la porte de la FIAC et des Foires internationales vers 1993, malgré leur succès sans faille. Elles étaient présentes à la FIAC dés le début et pendant 17 ans. La raison de l’exclusion a été le mot d’ordre « pas de peinture ! Pas de sculpture ! Pas de gravure ! Le concept seul est admis ! » C’est à ce moment là que le marché de l’art actuel s’est scindé en deux. Quelques nouvelles galeries de ce genre ont vu le jour ces dernières années. Elles croient à l’art et résistent face à l’AC, par conviction, par esprit d’aventure... Les prix y sont raisonnables et les amateurs achètent par goût, la spéculation n’est pas leur priorité.
Les galeries hors de France : La fermeture du système atteint un paroxysme en France. La peinture y est condamnée par l’Etat lui-même. Son autoritaire gouvernance de la création n’a autorisé que le concept, trente ans durant.  Le marché intérieur a été profondément perturbé par une sorte de concurrence déloyale et un accaparement des lieux prestigieux, des médias, des mécènes et des collectionneurs. Bon nombre d’artistes français renommés,  vivent grâce à des galeries hors de France. 
D’autres solutions ont permis de faire face à cette grande perturbation de l’évaluation de la valeur artistique :
Le cercle d’amateurs : Des personnes se sentant concernées par la valeur d’une œuvre soutiennent un artiste qui apparaît peu ou pas sur les marchés. Ce cas de figure a concerné, par exemple,  le peintre Balthus pendant la dernière partie de sa vie. L’œuvre peu abondante et à contre courant a pu être menée à bien grâce à quelques collectionneurs passionnés.
Le marché reporté à plus tard : Je citerais le cas extrême d’un  peintre aux œuvres d’une grande harmonie et virtuosité, « inadmissibles » par ce fait. N’ayant pas d’héritiers directs, elle a prévu bien avant sa mort  de murer son fond d’atelier dans une cave pour n’être ramené à la vue  que 50 ans plus tard. Des solutions proches sont pratiquées  mettant à contribution le « mécénat amoureux » et le « conservatoire familial » qui permet de remettre à plus tard l’essentielle évaluation d’une  œuvre de valeur. Dans le monde de la création, si « l’AC » est le miroir des produits financiers, par contre le cinéma, la musique, le design, la littérature ont tendance à devenir des « produits de consommation » de masse. L’art contemporain « produit financier » n’a aucune légitimité, par contre la production « mainstream » de « produits culturels » se justifie et  peut même être de qualité. Il ne faut cependant pas perdre de vue que  l’art obéit à d’autres nécessités  que celles de la rentabilité, de l’évènement, du marketing et meurt sans un espace de gratuité et de liberté. La civilisation est à ce prix. »

17 mai 2011

Le choc des bureaux *

par Michel De Caso
On savait depuis quelques décennies que les artistes n’étaient plus les acteurs de l’histoire de l’art. Avec la fin de la transmission de la main qui pense, un manteau mental s’était en effet progressivement déposé sur les ateliers et les outils avaient cessé d’être écoutés. Les mots s’étaient substitués au langage des formes et la transmission des maîtres étaient devenue inutile. Les critiques se mirent alors à parler, à beaucoup parler. Au début, habilement soutenus, certains discours eurent même quelques portées mais à force de démontrer tout et son contraire, leurs démonstrations s’asséchèrent.
C’est alors que les fonctionnaires de l’art commencèrent à exiger de goûter à la source créative, fut-elle tarie. Déjà, ils ne réclamaient plus d’artistes et l’art lui-même se mesurait selon le « ça c’est cher ». L’art était mort et l’époque leur appartenait. Après le choc des mots, le choc des bureaux fit entendre son tumulte et nul ne sait encore aujourd’hui combien de levées de lunes cela durera. Pour l’heure, des outils continuent d’émettre dans d’obscurs ateliers, et une douce chaleur y entretient le feu, le temps d’une couvaison. Longue vie aux oiseaux…

* A propos du débat autour de la présidence de Chaillot II. Plus d'infos

31 mars 2011

L’Art est mort, vive l’AC !

En ses temps crépusculaires, reprenant la rubrique de Christine Sourgins, citons ici la conclusion du dernier livre de Jean Clair, « l’hiver de la culture ». 
« Les gesticulations convenues des gens d’Eglise et des fonctionnaires d’Etat admirant "l’art contemporain", si contraires à leurs fonctions et à leur mission, évoquent les pantomimes burlesques des Fêtes des Fous lorsque le Moyen-Âge touchait à sa fin. Cela aurait peu d’importance. Combien d’artistes, dans le siècle qui s’est achevé et dans celui qui commence, incomparablement plus maltraités que leurs compagnons de la fin de l’autre siècle qu’on avait appelés des artistes "maudits", ont-ils disparus, en effet sacrifiés, dans l’indifférence des pouvoirs supposés les aider, morts sans avoir été reconnus désespérés trop souvent de cette ignorance ? C’est pour eux que ce petit livre aura été écrit. »

20 févr. 2011

Chronique d’une dissidence en démocratie.

par Michel De Caso
Chronique d'une dissidence en démocratie :
- Le « plastiquement correct »
- Dissidence et orthodoxie
- Sur quelques ostracismes notoires
- Multiplicité et unité républicaine
Cliquez ici

10 janv. 2011

« Note de vocabulaire à propos de la notion d’"art" »

par Aude de Kerros
Article paru dans Liberté Politique.com
En quoi « les mots "Art", "Art contemporain" et "Financial Art" sont trois notions différentes »?
Cliquez ici

23 sept. 2010

« La légende d’un art séditieux »

Les prises de position critique vis-à-vis de l’art contemporain institutionnalisé s’expriment désormais librement. Il en est une que nous avons remarquée pour sa pertinence et c’est à la perspicacité et au talent de Sébastien Lapaque que nous la devons. Ce dernier précise notamment en quoi « loin de troubler l’ordre social, la déconstruction et la rupture sont devenues la norme » et « contrairement à ce qui se raconte pour soutenir la légende d’un art séditieux, le rebelle chic participe du système ; et il y participe même très bien. »
Il aurait été dommage de supprimer des passages du texte de Sébastien Lapaque. Le voici donc dans son intégralité sous forme pdf : cliquez ici .

16 sept. 2010

Morale ou politique ?

La « morale » ne peut-elle se vivre qu’en dehors du champ politique ? De même, la « politique » est-elle inévitablement amorale ? Finalement, doit-on choisir entre « morale » ou « politique »? Dans une récente chronique, le philosophe André Comte-Sponville nous invite à une fine réflexion à ce propos. Nous avons pensé utile de reprendre ici quelques extraits de sa chronique :
« … Nous avons besoin de morale, pour nous gouverner nous-mêmes, et de politique, pour gouverner ensemble le peuple que nous formons…/… Aussi faut-il les prendre ensemble (elles sont toutes deux nécessaires), mais sans les confondre. Donner le pouvoir à un escroc ? Ce ne serait pas raisonnable.
À un raciste ? Ce ne serait pas acceptable. Ce n’est pas une raison pour confondre une élection, par exemple présidentielle, avec un prix de vertu. Méfions-nous des bons sentiments, de la bonne conscience, et même de nos colères, qui voudraient nous faire croire que morale et politique sont du même côté - le nôtre !-, ce qui laisse entendre que nos adversaires, en politique, sont forcément du côté du mal ou de l’erreur…/…
La gauche n’a pas le monopole du cœur, ni la droite le monopole de la compétence. La politique n’oppose pas les bons aux méchants (contrairement à ce qu’on croit souvent à gauche), ni les intelligents aux imbéciles (contrairement à ce qu’on croit parfois à droite)…/...
La morale n’est pas politique : elle n’est ni de droite ni de gauche. La politique n’est pas morale : ce ne sont pas les plus vertueux qui gouvernent, mais ceux qui ont gagné les élections… » (1)

(1) Extraits de la chronique de André Comte-Sponville, « Morale et politique », in « Le Monde des Religions », sept-oct 2010, n°43, p.82.

9 févr. 2010

Recherche démocratie, désespérément !

Recherche démocratie, désespérément ! Pièce en 3 actes.
Acte 1
Dans son Dictionnaire philosophique portatif, paru en 1764, Voltaire s'exprime ainsi à propos de la démocratie : " Le grand vice de la démocratie n'est certainement pas la tyrannie et la cruauté (...) Le véritable vice d'une république civilisée est dans la fable turque du dragon à plusieurs têtes et du dragon à plusieurs queues. La multitude des têtes se nuit, et la multitude des queues obéit à une seule tête qui veut tout dévorer."
Acte 2
En 2010, dans sa présentation de Voltaire, le site de Culturesfrance présente ainsi l'éminent philosophe : " Ne fera-t-on jamais taire cet homme ? , aurait dit Louix XV excédé. De fait, sans doute parce que la censure et les hommes de pouvoir ont cherché sans relâche à le bâilloner, Voltaire a crié toute sa vie plus fort que les autres."
Acte 3
Dans leur article "Le faux dilemme de Venise", paru dans "Le Journal des Arts" n° 318, Gaël Charbau et Stéphane Corréard réactualisent de façon pathétiquement magistrale, pourrait-on dire, la terrible actualité de la mise en garde de Voltaire, prenant ainsi au mot la présentation faite de l'illustre philosophe par Culturesfrance : " Des goûts et des couleurs, mieux vaut souvent ne pas discuter. Notamment lorsqu'il s'agit de déterminer quels artistes auront les honneurs de la République à Venise, mais aussi à Versailles ou au Grand Palais... Au-delà des préférences artistiques, cependant, c'est bien la question du mode de désignation des artistes qui devrait faire débat, d'autant que les mêmes noms semblent souvent revenir en boucle. Imaginons un monde idéal où ... "

20 déc. 2009

Violence du dispositif et dérive néo-libérale.

par François Derivery, Claude Rédélé et Martine Salzmann.
Extrait de la revue Ecritique n°9.
Retour sur La force de l’art n°2 : violence du dispositif et dérive néolibérale.
Constat et décryptage.
" Depuis 1972, en France, l'institution s'est donnée pour mission d'orienter la création artistique vers les attentes du marché. Les expositions officielles d'art contemporain ont depuis moins servi l'art, comme elles le prétendent, que précipité sa perte d'indépendance et le renoncement des artistes face aux décideurs..."
Cliquez ici pour lire la suite (fichier pdf).

8 oct. 2009

Blabla, Bling-bling & Bobo.

par Michel De Caso.
Les arts plastiques, c'est plastiquement vivant, et puis, tellement festif que c'est vraiment sympa. L'art enfin à la portée de tous. La révolution dans les têtes des citoyens et une nouvelle conscience planétaire à l'horizon pour nos enfants. Tous des artistes, vous dis-je ! Que ce symbolisme de bazar est plaisant. Le sacré enfin désacralisé. La révolution au pouvoir. Ce qu'il est touchant de toucher la vérité par ces mots tronqués. Combien il est grisant d'être amené sur les bords de l'abîme. La confrérie des trois B (Blabla, Bling-bling et Bobo) est vraiment le nec plus ultra en matière de contemporanéité. Des néons, des boulevards et des nuits blanches. Blanc est le Noir. Merci pour eux…

11 juin 2009

À propos de «Art et Voyeurisme, des Pompiers aux Postmodernes», de F. Derivery

par Martine Salzmann.
Extrait :
« ... Les stratégies des peintres Pompiers tardifs et des artistes Postmodernes diffèrent par leurs moyens techniques et formels, mais François Derivery met sur un pied d’égalité ces mouvements pourtant réputés sans commune mesure. Il pose sur les œuvres un regard qui observe, réfléchit et remarque les mêmes attitudes : un goût immodéré pour la performance spectaculaire, une asthénie de l’esprit critique, une immobilisation du regard tendu dans une posture extrême, trop proche ou trop distanciée, une disparition de toute complexité conceptuelle, un appétit cognitif atteint d’anorexie, et enfin une incapacité à s’ouvrir à la diversité du monde et à observer le réel pour "soumettre au doute les certitudes du voir"...»
Cliquez ici pour lire la totalité du texte.

6 mai 2009

La question des "vraies valeurs".

par François Derivery.
« Avec la crise financière ce n’est pas seulement la valeur marchande et l’intérêt spéculatif de l’Art Contemporain qui sont en chute libre. Sa qualité même d’art, qui faisait hier l’unanimité, fait aujourd’hui question. L’Art Contemporain ne se vend plus ou moins bien : du coup est-ce qu’il s’agit bien d’art ? La confiance s’effiloche et, pour la relancer, pour rassurer les acheteurs, le marché, par la voix de ses représentants, proclame la fin des valeurs surfaites … »
Cliquez ici pour lire la suite

30 avr. 2009

"La Force de l'art 02" au Grand Palais : un spectaculaire contre-sens.

par Pierre Souchaud.
L'exposition du Grand Palais "La Force de l'art" est définie par le directeur de la revue Artension comme un spectaculaire contre-sens économique, sociologique, artistique et historique.
Cliquez ici pour lire son analyse

22 févr. 2009

Existe-t-il un art qui ne soit pas un “Financial Art” ?

par Marie Sallantin.
« En art la réussite est-elle toujours la valeur première? Avant que ne s’impose dans le milieu de l’art une "morale de la réussite", comme l’avait noté Jean-Philippe Domecq en 1994 dans le Pari littéraire (Esprit, 1994), regarder les œuvres pour elles-mêmes n’était pas suspect. Puis est venu le temps du "Financial Art" imposant ses critères à lui... Les critères propres au "Financial Art" sont ceux du milieu et de ses réseaux, ils n’ont rien de commun avec les critères esthétiques liés aux œuvres. Ils n'ont rien de commun avec l’histoire de l’art non plus, puisqu'ils se substituent à elle. Car c’est le réseau qui crée la valeur, pas l’artiste. Seul le succès compte… »
Cliquez ici pour lire la suite sur le site de libertepolitique.com

3 févr. 2009

Le dernier Art Officiel du XXème siècle.

par Aude de Kerros.
Présentation par Pierre Souchaud : « Aude de Kerros nous fournit ici tous les éléments qui permettent de comprendre la genèse et le développement de cette anomalie historique qu’est, en France, l’art officiel, dont l’existence ne fait aucun doute pour une immense majorité des acteurs de l’art. Cette analyse magistrale, précise, complète, à la fois panoramique et extrêmement fouillée, était indispensable. Elle pourra servir de référence pour la mise en oeuvre des réformes structurelles qu’on attend. ».
Cliquez ici pour télécharger le fichier pdf.

28 janv. 2009

“Financial Art” : le XXe siècle s’achève avec la Très-Grande-Crise.

par Aude de Kerros.
« Le Financial Art, création d'avant-garde de la com née du concept d'Art contemporain, ce produit dérivé savamment élaboré en réseau, est en train de connaître le même destin que les autres produits dus à la créativité financière de New York, Shanghai et Londres. La Première Guerre mondiale avait mis fin au XIXe siècle. Le XXe siècle se termine avec la Très-Grande-Crise, ce krach financier qui affecte toute la planète. Une époque s'achève, y compris dans l'art... »
Cliquez ici pour lire la suite sur le site libertepolitique.com

10 janv. 2009

Mobile Art n’est plus un mobile.

Dans l’édition du journal Le Monde du 8 janvier 09, Emmanuelle Lequeux remarque le retrait de la marque Chanel dans son soutien au Mobile Art et s’interroge sur un des effets de la crise, à savoir, le soutien de l’industrie du luxe à l’art contemporain. Il sera intéressant de voir comment la structure démontable de 700m2 et de 6 mètres de haut va être mobilisée. Extrait de l’article d’Emmanuelle Lequeux titré « Avec la crise, le luxe s'interroge sur son soutien à l'art contemporain. » :
« La crise va-t-elle prononcer le divorce entre l'art contemporain et le monde du luxe ?... (...)... c'est Chanel qui a réalisé le plus gros coup avec son Mobile Art. Or la marque vient de stopper ce projet… (…)… Mais "compte tenu des prédictions peu brillantes concernant l'économie", la marque a préféré renoncer à cette "opération d'image" afin de "se recentrer sur des investissements plus stratégiques", à savoir "le produit". La structure de Zaha Hadid, étonnante coquille blanche, pourrait toutefois être implantée en banlieue parisienne. Certains murmurent que le créateur Karl Lagerfeld pourrait y organiser un défilé. Manière de rentabiliser l'investissement colossal (plusieurs millions d'euros), "équivalent à une campagne de publicité avec Nicole Kidman", dit-on chez Chanel… »
Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Monde.

6 janv. 2009

Candidature de Jean-Jacques Aillagon à la “rue de Valois”

par Aude de Kerros.
« Jean Jacques Aillagon fait en quelque sorte dans cet entretien acte de candidature à la fonction de Ministre de la Culture. Je vous ai compris! Par un effet d'annonce: « La question de la suppression du Ministère de la culture peut se poser » (voir Le Monde, édition du 30 décembre 2008, Jean-Jacques Aillagon signale à l'attention de L'Elysée et de Matignon sa disponibilité et sa capacité à réaliser une politique qui pourrait à la fois leur plaire, mais aussi plaire à ceux qui critiquent l'art officiel de la rue de Valois, plaire aux Régions – aux socialistes - qui aimeraient exercer leur indépendance culturelle, et n'irait pas pour autant contre les intérêts des fonctionnaires culturels... Il est l'homme capable d'effectuer la quadrature du cercle!... »
Cliquez ici pour lire la suite

5 janv. 2009

Le Musée du Verre de Conches et le Ministère de la culture.

par Christian Siloé.
« Le mois dernier, j’informais les artistes verriers et leurs galeries, des photographes et les lecteurs de mon site que la Délégation Nationale pour les Arts plastiques avait demandé au FRAM (Fond régional d’acquisition pour les musées) de ne plus se prononcer sur les achats du Musée du Verre. L’entrée de collections photographiques dans les collections du musée et l’état d’avancement du projet scientifique, pourtant en cours d’élaboration avec le personnel de la DRAC, servait de prétexte pour justifier cette décision… »
Cliquez ici pour lire la suite

30 déc. 2008

Retour sur le film « Musée haut, musée bas ».

par Michel De Caso.
« Le dernier film de Jean-Michel Ribes, "Musée haut, musée bas", tiré de sa pièce de théâtre du même nom, est d'abord une comédie soutenue par une pléiade d'acteurs et une série de scènes satiriques. Les relations à l'art entre le public et les professionnels de la culture sont examinées sur le mode burlesque au travers de l'univers d'un musée qui pourrait être un super musée post-moderne… » Chronique publiée sur le site Le Monde.fr du 29 décembre 08.
Cliquez ici pour lire la chronique