10 déc. 2008

Art contemporain novembre 2008 : le rideau tombe, les certitudes aussi…

par Michel De Caso.
« En préliminaire, deux citations : " ... pour tous ceux qui se refusent à considérer l'art comme une branche spécialisée du luxe et du divertissement ...". " Art de gamins blasés et de bébés rassasiés, d'enfances gâtées...". La première citation est extraite de l'article de Philippe Dagen, L'art entre provocation et cynisme, paru dans Le Monde (édition du 1-11-08). La seconde vient de l'article d'Olivier Jullien, L'art contemporain : le triomphe des cyniques également publié dans Le Monde (édition du 27-11-08)... »
Chronique publiée sur le site Le Monde.fr du 9 décembre 08.
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7 commentaires:

Philippe Rillon a dit…

Bravo pour cette parution sur le site Le monde.fr.

Je n'ai pas manqué de la signaler sur le blog de la Peau de l'Ours. (en 6ème épidode de la série 'l'Art Contemporain dans l'enfer de la crise")..et d'y conclure qu'il faudrait que ce changement de ton fasse echo en haut lieu par un retour à la diversité des choix artistiques institutionnels ainsi que par des mesures gouvernementales pour soutenir la création artistique vivante et ses "vrais" amateurs...

Car il faudra encore bien et longtemps taper sur ce clou pour l'enfoncer...

Cordialement.

Philippe Rillon

Corine Girieud a dit…

Etant active sur le Blog du Dessin contemporain - http://d0010.org (qui parlait déjà de "Bébés riches, très riches" dont les joujoux sont signés... par exemple Koons), des collectifs, des regroupements de personnes, me contactent pour dire leur ras-le-bol et leur crainte face au cynisme ambiant dans l'art contemporain. Les choses bougent, les personnes aussi. Une mutation s’annonce ?!!

Aude de Kerros a dit…

La réalité est décrite par Michel de Caso dans toute sa complexité et en peu de mots. Avant 1914, entre les deux guerres et après il ya toujours eu en France de multiples courants artistiques en qui tout à la fois se disputaient, se faisaient concurrence et se fécondaient.Depuis une trentaine d'années une seule tendance a été administrativement admise en excluant tout le reste de la création, faisant ainsi exploser un milieu de l'art autonome qui rassemblait des artistes du monde entier. Cette période prend fin.

lili-oto a dit…

"La dissidence à l'art contemporain autorisé est paradoxale car elle regroupe non seulement différentes convictions politiques et philosophiques mais aussi diverses approches de l'art, qui vont d'un art plutôt intemporel à un art conceptuel le plus critique. Le seul point de convergence autour duquel tous les dissidents se retrouvent, c'est justement la dénonciation du système dominant"

C'est en premier lieu la dénonciation d'un marché de l'art spéculatif qui n'a rien à voir avec la création contemporaine et donc la dénonciation de la culture libérale et ultralibérale. En France, cette dénonciation prend une figure supplémentaire car elle vise la 5eme république elle-même et son système de monarchie républicaine qui produit une culture institutionnelle construite à son image avec ses propres structures politiques et institutionnelles. En France la dissidence dans les arts plastiques relève de l'exclusion institutionnelle d'une création contemporaine indépendante dont les auteurs ou créateurs se réclament être des "électrons libres" et non le fruit des réseaux formatés de ses institutions culturelles et artistiques. Une dissidence "de fait", une véritable dissidence politique qui vise les structures culturelles et politiques françaises qui finiront un jour par implosées comme ce fut le cas dans les pays de l'est. Aujourd'hui plusieurs courants artistiques revendiquent cette dissidence artistique mais peu revendiquent à la fois une dissidence politique et culturelle. La dissidence artistique existe-t-elle réellement ? La réponse est complexe, car si l'institution française survit, c'est bien grâce à un cocktail d'artistes "sans âme", de piètre qualité et d'artistes par contre intéressants. Il ne faut pas sous estimer les capacités corrosives et les ruses de ces institutions, ça serait une grave erreur politique et artistique. Lili-oto

Michel De Caso a dit…

Oui, la dissidence artistique existe, Lili-oto, mais il est impossible de la circonscrire à une catégorie d’artistes, pas plus qu’à une obédience politique quelconque. Pour autant, je rejoins vos propos pour dire qu’inévitablement, cette dissidence est née de causes certes culturelles mais aussi politiques. Cela est inévitable, la politique est partout.
A chaque alternative politique, j’ai entendu des discours les plus enthousiasmants à chaque fois ; discours pouvant se présenter comme révolutionnaires, réformateurs, conservateurs ou que sais-je encore. C’est en fait comme s’il existait un consensus autour d’une idéologie suprapolitique car, dans tous les cas, j’ai assisté en réalité à la mise en place d’une politique artistique quasi-identique, celle d’une forme de nomenklatura dont les critères et les objectifs sont au-delà des clivages politiques et paraissent bien éloignés de bon nombre des préoccupations des « électrons libres », comme vous dites si bien.
Depuis ces expériences, j’ai appris à me méfier des discours et à considérer plus volontiers les actes. « L’important ce n’est pas ce qu’on dit mais ce qu’on fait. » ou encore « Montre-moi ce que tu fais et je saurai qui tu es. », autant d’adages vérifiés tous les jours. A la fameuse formule de Prévert : « Le monde mental ment monumentalement. », j’ajouterais volontiers celle-ci : les actes ne mentent pas.
Aujourd’hui, il semble évident que cette idéologie suprapolitique est arrivée au bout de sa logique ; sa logique elle-même apparaît surannée et les mots, fussent-ils maniés avec maestria, auront du mal à ralentir ce processus.
Cordialement. MDC

Bozarts a dit…

Pour vous remercier du bien que m'a fait la lecture de votre texte sur le site Le monde.fr, je vous offre ma définition de l'Art contemporain :
c'est le leurre et l'argent du leurre !
Et m'en retourne, anonyme, dans l'ombre de mon chevalet.
Très cordialement

Sophie Taam a dit…

Bien d'accord avec vous, Michel: les paroles ne signifient rien, ce qui compte, ce sont les actes... Assez de langue de bois, on sait déchiffrer à la perfection et prévenir. Je m'en vais pour Los Angeles pendant 1 mois. Quand je rentrerai en France, on sera peut-être rentré pour de bon dans une nouvelle ère d'ouverture culturelle...je le sens ....