23 déc. 2008

L'effondrement du "financial art".

par Aude de Kerros.
Point de vue publié dans le Journal Le Monde, édition du 24 décembre 08.
« New York est considéré comme la capitale de l'art depuis presque quatre décennies. New York a fait de l'art contemporain (AC) un "financial art", dont la valeur s'élabore grâce à un jeu entre collectionneurs tout à la fois membres des conseil d'administration des musées et des fondations, propriétaires de supports médiatiques, de maisons de vente et de galeries…»
Cliquez ici pour lire la totalité de l'article sur le site du journal Le Monde.

7 commentaires:

Philippe Rillon a dit…

Je vous livre le commentaire du sieur blogueur "Lunettes rouges" sur l'article d'Aude de Kerros...
Il sent trop l'amalgame et la calomnie. Comment peut il faire encore illusion avec des arguments aussi éculés?
Mais le chien aboie tandis que la caravane (lui) passe (dessus)...
PhR.

la citation de Lunettes:
"Restons bien à l'abri de nos frontières, n'achetons surtout pas d'artistes étrangers, refusons même d'en entendre parler, et c'est ainsi que le monde sera meilleur. Comment peut-on laisser publier de telles inepties ? Aude de Kerros, chroniqueuse sur la très réactionnaire Radio Courtoisie, pue le poujadisme à plein nez."

Sophie Taam a dit…

Bravo, belle victoire que cette publication dans le Monde qui vient confirmer l'ouverture certaine, tout du moins au niveau du discours

Patrick a dit…

L'art contemporain nécessite pour sa réalisation un niveau technique que ses détracteurs pensent très bas, voire au niveau de celui d'un enfant de trois ans, pour les plus agressifs d'entre eux. Mais ils n'ont pas compris que tout le génie créateur est contenu dans l'abstraction conceptuelle du message qu'il délivre.
En fait, la réalisation matérielle est tellement secondaire qu'on pourrait, à l'instar de la célèbre "zone de sensibilité picturale" dématérialiser les œuvres et les placer dans un espace entièrement déconstruit. Cette désintégration aboutirait à la réévaluation de la partie spirituelle de la composition.
L'inconvénient est que seules les intelligences supérieures pourraient accéder à ces merveilles. Mais n'est-ce pas déjà le cas pour l'ensemble de l'art contemporain ?

Michel De Caso a dit…

Oui, Patrick, c'est vrai que la "dématérialisation" des œuvres va permettre à l'espèce humaine de progresser à grand pas vers des hauteurs insoupçonnées en matière de compréhension, de tolérance et de spiritualité débarrassée des excès de tous les fanatismes. C'est d'ailleurs pourquoi, devant leur grand intérêt historique, les œuvres du financial art sont offertes régulièrement à la sagacité philosophique et au regard émerveillé du public, emporté par leur fulgurante transcendance. Œuvres de l'avenir, elles sont le modèle à suivre, l'espoir de la reprise du progrès perpétuel, l'intelligence suprême, l'abstraction pure à la portée du premier venu. Bref, une pratique désintéressée, faite d'abnégation et de good vibrations. En tout cas, Patrick, vous ne manquez pas d'humour et, en ce début d'année 2009, cela fait du bien.

Martine Salzmann a dit…

Bravo Aude de Kerros pour votre article du 23 décembre dans Le Monde. Vous donnez des éléments d’explication à des partis pris de société incompréhensibles pour nous, artistes, qui sommes condamnés à observer de loin et à rester privés d’information sur les décisions de ces milieux artistiques et financiers si fermés. Par contre nous en subissons les retombées morbides et l’asphyxie graduelle mais inéluctable qui en découle.
Les sarcasmes du blogueur de Lunettes Rouges cité par Philippe Rillon sont symptomatiques de l’esprit qui participe à cette asphyxie. Cette absence de respect envers un questionnement légitime est malheureusement courante. L’interprétation prend le pas sur l’observation et l’analyse, les jugements et les qualificatifs choisis interdisent toute réflexion, toute comparaison, toute critique. Pourtant la situation sociale des artistes est assez grave pour justifier votre mise en question de ces réalités qui nous affectent.
Récolter les informations n’est pas une chose facile, reconstituer les scénarios probables non plus. Le marché de l’art prend ses décisions entre initiés et les artistes ne sont pas acteurs de cet espace. Ces réalités sociétales se propagent à notre insu en cercles successifs par manipulations des psychismes, et gagnent une adhésion aveugle à ce qui forge notre enfer. Plus les psychismes croient dans l’art contemporain, plus nous, artistes, sommes envoyés dans le néant.
Le blogueur de Lunettes Rouges est un bon exemple de ces intermédiaires joyeusement actifs dans ces manipulations. Les partisans de l’AC semblent toujours irradiés, comme transfigurés par une lumière qu’eux seuls captent. Heureux de leur sort et sûrs de la probité du système qui les éclairent, ils sont persuadés qu’un jour leur coopération enthousiaste sera récompensée. Leur vision du monde ressemble à une épicerie de campagne d’autrefois. Si nombres de catégories d’objets sont présentes, chacune n’offre qu’un exemplaire unique de son article. Pas de choix, pas de sélection possible dans cette absence de diversité. Petits gérants d’une pensée formée ailleurs, leurs petits bénéfices sont marqués du sceau de la grandeur. Grandeur d’une pensée unique si pratique pour ceux que les diktats affranchissent du poids d’une réflexion personnelle de plus en plus nécessaire dans la multitude des formes d’expressions culturelles.
Sans être des inspecteurs de la création, ces intermédiaires manipulés et manipulateurs ont été et sont encore d’une efficacité terrible pour la destruction du paysage culturel. Collaborateurs revanchards, montant la garde avec hargne contre toute objection de conscience, la certitude de leur foi, associée à une paresse dense qui leur interdit de s’informer sur les données objectives de la situation, a pour conséquence d’intimider toute tentative de compréhension, de prise de repère. Les « oubliés » du système s’en prennent alors à eux-mêmes, se croyant maudit, malchanceux, mal aimé, inutiles... L’absence de devenir social prend la forme d’un destin personnel….. Quel accablement, comparé à ces esprits si enthousiastes, si présents dans tous les médias, si heureux de la vie artistique qui est la leur !
Mais, n’avez-vous pas remarqué combien ces esprits si magnifiquement « contemporains » sont depuis trente ans, toujours du même âge, toujours sûrs de faire carrière, toujours à l’orée d’une vie nouvelle à l’échelle du monde ?
Allez, je parierai même qu’ils croient que le marché de l’art leur ouvrira personnellement tout grand ses portes demain… non demain… non demain…… Comme le temps passe vite !

grabotte a dit…

L'effondrement du financial art sera aussi fascinant que celui mis en place par Bernard Madoff. La boîte de Pandore est ouverte et l'Etat français qui a promu tant et plus l'AC le protégeant derrière le mur du secret comme Madoff, pour tenir à distance les curieux comme Madoff, et assurer des cotes d'artistes qui demain ne vaudront plus rien ...oui c'est fascinant!

Patrick a dit…

Problèmes d'authenticité.
J'aimerais être renseigné sur un problème que je me suis posé au sujet de la machine à caca "Cloaca V". Peut-être trouverai-je de l'aide sur ce site.
Je désirerais acquérir un bocal de déjections de la machine en question. Mais je ne suis pas sûr qu'on me fournisse bien la marchandise promise. D'un naturel méfiant, je soupçonne la possibilité que la nourriture avalée par l'oeuvre d'art reste de la nourriture, alors que la merde annoncée par l'artiste pourrait n'être qu'un simulacre de caca provenant d'un orifice secret.
Si mes soupçons s'avéraient fondés, l'acheteur du bocal se verrait refiler de la fausse merde au prix de l'authentique.
Je n'ai pas réussi à trouver de laboratoire d'analyses médicales agréé pour authentifier de la merde. Je ne vois pas comment résoudre mon problème d'authenticité et je fais appel aux bonnes volontés pour m'aider.
Merci d'avance,
Patrick